• dimanche , 10 décembre 2017

Ces Jeunes femmes qui couchent pour un résto…

Voici qu’après Seekingarrangement, Brandon Wade qui n’est plus à un scandale près, lance Whatsyourprice.com, premier site de rencontre par enchères.

sugardaddy

Comme pour le premier, la presse en fait ses choux gras et, accuse de nouveau l’homme de proxénétisme, comme pour mieux nous faire oublier l’origine du mal…

Quand la faim justifie les moyens

Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas encore, Seekingarrangement est un site de rencontre « Sugar daddie » que certaines étudiantes utilisent, afin de trouver un appui financier pour payer leurs études auprès de généreux mécènes. Je dis certaines car, d’une part les clientes du site ne sont pas toutes étudiantes et d’autre part, il n’est pas besoin d’être étudiante pour connaitre des fins de mois difficiles…

Reste que le site a rencontré un franc succès auprès des étudiantes américaines (notez que les études sont très chères aux States) et que certaines françaises n’ont pas hésité à emboiter le pas. Il n’en fallait pas plus pour que nos chers féministes hurlent au scandale, accusant le site de favoriser une prostitution déguisée, tout en oubliant que la prostitution n’est pas illégale en France et qu’il s’agit de relations entre adultes consentants…

« Menus services sexuels » à la carte

Nouvelle variante du premier, Whatsyourprice.com, fait donc son entrée tonitruante comme  « premier site de rencontre par enchères ». Les hommes « les généreux », font aux femmes qui leur plaisent une offre afin qu’elles acceptent de dîner avec eux. Le ou la « Séduisant » est libre d’accepter ou de faire monter les enchères selon ses critères et exigences. Il semblerait qu’en France le prix moyen soit de 97€, et que plus de 7000 personnes soient déjà inscrites sur le site…

Inconvenant, obscène ou simplement anticonformiste ?
C’est vrai que lorsque Brandon Wade parle de « relation mutuellement avantageuses » on peut être choqué par une certaine forme de cynisme, et qu’on l’est d’autant plus que pour beaucoup, le recours à n’importe quelle forme de prostitution oblige à constater que le corps est, encore et toujours, une marchandise, même en 2014.
C’est bien ça qui fait mal, l’idée qu’on puisse échanger, dans nos pays industrialisés, modernes et démocratiques, un repas chaud contre ce qu’on a « sous la main », de la simple compagnie aux « menus services sexuels ». Le constat d’un état de fait d’autant plus perceptible en période de crise économique.

Une polémique qui se trompe d’ennemi
En France on l’aime notre Presse, surtout lorsqu’elle est polémique mais là, on peut se demander si elle ne se trompe pas d’ennemi. Si elle ne va pas jusqu’à condamner la jeune femme simplement accusée de se prostituer, on s’attaque aux sites de rencontre qui sont l’outil lui permettant peut-être de s’en sortir, tout comme on s’attaque aux clients des péripatéticiennes plutôt qu’aux vrais proxénètes.
Or, même en admettant que toutes les femmes inscrites sur ces sites négocient plus que leur seule présence et acceptent des relations sexuelles, la bonne question n’est-elle pas de se demander ce qui fait qu’aujourd’hui comme hier, une femme en arrive à cette extrémité ?

Pourquoi – à quelques rares exceptions masculines près – ce sont les femmes, étudiantes ou non d’ailleurs, qui représentent le gros de la population active vivant sous le seuil de pauvreté ? Pourquoi dans notre société, le fait d’avoir des organes génitaux internes induit-il qu’à travail égal le salaire des femmes est toujours moins élevé ? Pourquoi représentent-elles le gros du bataillon des emplois à temps partiel… donc avec des revenus tout aussi partiels ?

Il est là le virus responsables des boutons qui démangent notre mauvaise conscience et, il ne viendrait à l’esprit d’aucun médecin de prescrire un cicatrisant sans avoir d’abord vidé l’abcès pour extirper le mal…

Au bout du compte, qu’est-ce qui est le plus obscène ? L’homme qui se paie les faveurs d’une femme, la femme contrainte de négocier ces charmes ou bien, une société inégalitaire dans les droits qu’elle accorde à la moitié féminine de sa population ? Il ne doit pas souvent avoir faim le journaliste qui entérine cette situation, tout en croyant faire de l’humour lorsqu’il rappelle que les Restos du Cœur arrivant à saturation, c’est une nouvelle solution pour celles qui ont faim…

Seekingarrangement, WhatsYourPrice ,Sugardaddy.fr et bien d’autres encore, ont au moins le mérite de permettre à certaines de survivre sans tomber dans les pattes d’un vrai maquereau et, ce n’est pas leur rendre la chose plus difficile en attaquant les sites de rencontre qui va garnir leurs frigos ou remplir le ventre de leurs enfants !

Quant à celles qui le font pour d’autres motifs, d’autres raisons, tant qu’elles le font hors de toute contrainte, qu’elles sont adultes, averties et consentantes, leur corps leur appartient et la loi – fort heureusement- leur donne encore le droit d’en disposer librement !

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