• samedi , 25 mars 2017

L’argent est-il incontournable dans le couple ?

Alors que la sagesse populaire dit que l’argent ne fait pas le bonheur et qu’il y contribue seulement, nombreux sont ceux qui le croient indispensable en amour.

casual couple looking at the camera

C’est ce que confie « Franck » à un confrère journaliste : « Quand on ne peut pas suivre financièrement, on se fait larguer ou on se retire discrètement. ». Jeune parisien, très relativement désargenté, il témoigne d’une solitude qui lui pèse, accusant le manque d’argent d’être à l’origine de ses maux…

Si pour certains les difficultés financières affrontées ensemble soudent les liens, pour d’autres, il semble qu’elles sapent tous les espoirs, en commençant même par celui d’une rencontre. Franck se sent bloqué et renonce à se projeter avec quelqu’un : « Je tremble comme une feuille devant une femme susceptible de m’intéresser. […] Je ne pars ni en week-end, ni en vacances et je n’ai pas vraiment de quoi m’amuser. […] Quelle fille pourrait accepter toutes ces lourdeurs ? »

Tout de suite c’est le premier schéma du : «  pour intéresser une fille, il faut pouvoir l’entretenir…» et il a la dent dure celui-là ! Il semble que le mâle européen se sente toujours mieux s’il gagne ne serait-ce qu’un peu plus que sa compagne, au moins assez pour lui faire de petits cadeaux. Parce qu’il est toujours plus facile d’exprimer son amour par une offrande matérielle qu’en le disant ? Ou bien, parce qu’il est plus confortable de croire que l’intérêt des filles est avant tout pécuniaire ? Car si c’est le cas, elles se pencheront moins sur d’autres aspects de la personnalité, moins brillants qu’un cadeau étincelant…
Il y a aussi celui du : « Comment profiter de la vie sans argent ? » qui relègue l’amour au rang des accessoires agréables, loin derrière la notion de profit (le mot n’est pas innocent !). C’est la question de ceux qui souvent se projettent dans un avenir exigeant des besoins financiers précis : belle maison, belle voiture, confort… Sans se rendre compte que cela les empêche de bien vivre leur présent, ils aiment plus leur rêve que la personne qui est en face…

Et encore cet autre, assis sur les droits et les devoirs de chacun : « J’ai une belle situation, j’offre le confort, j’ai le droit d’être aimé ». C’est celui dans lequel les efforts consentis pour l’acquisition de biens matériels, et le sacrifice de les partager avec un/une autre doivent en retour valoir de l’amour, ou du moins, une reconnaissance éternelle de sa part…
Franck quant à lui, lorsqu’il aborde la « dimension matérielle » de l’amour déclare : « Les relations sentimentales se mêlent toujours à l’aspect financier. L’argent ne conditionne pas les sentiments, mais plutôt la manière dont se passe la relation. ». Comme quoi il est possible d’envisager la dimension matérielle ailleurs que dans tous les obstacles à vivre l’amour : la distance, la maladie, etc…

Des schémas de pensée concernant l’argent, Il y en a presque autant que de façons de le dépenser et, c’est bien une question que seuls des ventres pleins peuvent se poser ! La vraie question n’est-elle pas de se demander si le bonheur réside vraiment dans la conjugaison du verbe Avoir ? Avoir plutôt qu’aimer, mais pour avoir quoi ? Et si la richesse se situait dans le seul fait d’être vivant et surtout d’aimer ?
Quant aux schémas de pensée concernant l’amour, il y en a autant que de façon de le faire et au fond, réside en fait le vrai problème des attentes de chacun : au seul besoin naturel d’assurer sa subsistance et celle de son foyer, assortit du désir de maintenir ce qui est vital c’est-à-dire un toit, de la nourriture et beaucoup d’amour ( !), sont venus se greffer des désirs de confort qui aujourd’hui prennent des allures de besoins dont on ne sait plus se passer.

Si la libération des mœurs nous a libérés de nombre de frustrations sexuelles, notre mode de vie centré sur la consommation et le culte de l’enfant roi en a engendré de nouvelles, aussi nombreuses et variées qu’il existe de modèles de portable ou de chaussures ! On ne demande plus seulement un travail pour avoir un toit et de quoi manger, on veut pouvoir sortir, aller en vacances, conduire une belle auto, bref ne se priver d’aucune envie…
Et ce désir est si présent qu’on le prête à l’autre, persuadé qu’il ou elle ne peut que vouloir la même chose, être dans la même attente…

Quand Franck confie que : « C’est triste de se dire qu’aujourd’hui, pour devenir un couple, il vaut mieux avoir de l’argent de côté pour ne pas devenir un boulet. » n’est-ce pas plutôt l’écho d’une honte mal placée qui surgit ? La honte d’avoir des envies frustrées par le manque d’argent, là où il faudrait plutôt avoir honte d’éprouver un sentiment de frustration.

L’argent n’a finalement que l’importance qu’on lui donne, il peut être un bon serviteur, il est toujours un détestable maître qui nous entrave tout en nous faisant croire qu’il nous libère. Un ventre plein, un sourire, un baiser, sont autant de petits bonheurs quotidiens pour qui veut bien s’attarder à les constater, il devient alors évident de les partager dans une relation amoureuse… qui ne demande que de l’eau fraîche pour vivre !

 

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