• dimanche , 2 avril 2017

Sociologie du dragueur: Un livre subversif sur la drague de rue

Alain Soral, pas plus que « Sociologie du dragueur » ne laissent indifférent. On adore ou on déteste, il n’y a pas de demi-mesure. C’est un livre subversif, dérangeant pour les uns, révélateur pour les autres, dans lequel l’auteur porte un regard lucide sur sa propre nature de dragueur de rue, de « chasseur » des trottoirs parisiens.

Sociologie du dragueur développe une théorie entièrement basée sur la seule expérience personnelle de Soral, malgré le titre vous n’y trouverez donc aucune référence à une étude sociologique ciblée, aucun chiffre, mais le témoignage cru d’un homme qui se découvre blessé, animé d’un désir perpétuel né d’une frustration qu’aucune conquête ne parvient à calmer.

 

La première partie de l’ouvrage offre une description truculente du « serial lover » dans laquelle il examine les ressorts du pourquoi, quand et comment il drague. Il définit le dragueur en le distinguant du séducteur mondain et du romantique désespéré, le décrit comme un être en souffrance, uniquement préoccupé par la drague et son but ultime : « Le dragueur n’a rien à dire aux filles, leur compagnie amicale ne l’intéresse pas, il se fout encore plus de ce qu’elles peuvent avoir à raconter. Le dragueur ne cherche qu’une chose, profonde, radicale: l’intimité. C’est à dire les baiser ».
Soral se lance alors dans une (auto) analyse du sujet et de son mal être, directement hérité -selon lui- d’une mère défaillante, poussant le dragueur à rechercher en toute femme un amour qui a trop manqué à l’enfant : « Déficit d’être du dragueur qui le contraint à une suractivité compensatrice dans la peur de la solitude, de l’immobilité et de tout ce qui le ramène à son manque d’être originel ».

 
Au fil des pages, un second portrait se dessine peu à peu, celui de la femme telle qu’elle est perçue par les yeux du dragueur, à travers le filtre de sa névrose. Une pathologie si profondément ancrée dans son processus de pensée, qu’il semble ne même plus réaliser la fragilité de ses arguments. Tel cet exemple drôlissime, lorsqu’il s’aventure à soutenir que le premier dessin préhistorique a été signé par la main de l’homme et non d’une femme… sans citer la source de cette stupéfiante information…
C’est à partir de là probablement que les féministes lâcheront le livre et ce serait bien dommage car, la seconde partie aborde une réflexion plus vaste sur la société actuelle. Même si le propos est discutable, Alain Soral argumente sur la féminisation outrée de la société qui selon lui, a perverti les valeurs de travail et d’effort pour les remplacer par le désir de consommer.
Et, son analyse tape juste : notre société de consommation opère un remplacement des valeurs humaines au profit des biens matériels devenus indices du bonheur. Or, il est évident qu’une telle société produit inévitablement son lot d’insatisfaits et de frustrés, soumis dès l’enfance à des tentations permanentes, diaboliquement entretenues car elles sont le moteur de notre économie de marché…

 
Et le sexe n’est pas absent du processus, dès l’enfance nous sommes abreuvés d’images érotiques par tous les médias (TV, magazines, affiches…) ce qui ne peut qu’avoir une influence sur notre vision du monde, de la femme… On comprend vite le profond désir de revanche qui nait chez les frustrés pathologiques : « Pour le dragueur, baiser l’inconnue qui passe et qui commence toujours par se refuser, c’est aussi baiser le milieu d’où elle vient et, conquête après conquête, baiser le monde entier.»
Ou l’on peut ne plus suivre le raisonnement de Soral c’est lorsqu’il avance que l’école de la pensée étant masculine, le féminin constituerait selon lui une régression… Ou encore devant son mépris affiché du « pédé » (craint-il de s’y reconnaître ?) qui laisse penser qu’il a peur de perdre ses repères de force et sa lecture virile du monde. Alors il instaure le postulat d’une différence fondamentale entre les sexes, la femme est inférieure en tout : intelligence, pensée politique, culture…
Lire Soral n’est pas politiquement correct, les mots sentent parfois l’ordure, l’insulte. Rien n’oblige le lecteur ou la lectrice à être d’accord avec toutes les idées avancées, c’est d’ailleurs une part de son intérêt : ce livre déclenche le débat. On peut lui reprocher de ruminer les préjugés machistes les plus réactionnaires si l’on s’en tient à une lecture au 1er degré, reste que sa critique acerbe de l’hédonisme consumériste est d’une grande justesse…

 
Cet ouvrage profondément transgressif provoque, secoue, c’est un pamphlet qui écorche le féminisme castrateur autant que notre « culture du prêt-à-penser », c’est aussi une mine d’analyses vives et tranchantes sur sa nature (à lui Alain Soral) de serial lover, un portrait ou certains pourront se reconnaître dans leur recherche éperdue du mystère de la femme, cette inconnue qu’ils traquent sans relâche….

Cliquez ici pour lire le livre Sociologie du dragueur de Alain Soral

 

Originally posted 2014-03-12 21:59:35.

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